deux voix,
quatre oreilles,
et des myriades de caresses
Archives de l’auteur : VG
Les soi(e)s du symbolique
Point de vue
C’est que le sujet parlant, l’animal doué de parole qui dit « je » a une histoire lui, une histoire particulière conditionnée par l’histoire collective et inscrite dans sa trame et il s’y accroche pour continuer de dire « je » au milieu des autres qui savent dire « je » aussi bien que lui et parfois tellement mieux. Le sujet qui dit « je » est une fiction. Un fiction qu’il construit dans le même temps qu’il l’agit, une fiction prise dans la fiction générale, tissée fil à fil, fils à fils avec et dans la matière, la matière humaine, la matière d’avant l’histoire, d’avant les mots qui disent les histoires. Le sujet se gorge d’histoire, les siennes et celles des autres. Il en écoute, il s’en raconte, il les raconte et se met ainsi en scène au théâtre des autres au prix d’un paradoxe, cela même qui le saisi tout entier, le rend à lui-même insaisissable. Il se raconte des histoires pour continuer d’exister dans la comédie sociale. ?L’appliquer? comme on préserve l’espace d’un rôle, pour ne pas voir que ce sont les histoires, les siennes et celles des autres qui le racontent et non pas l’inverse. Ne pas voir que ce sont les histoires racontées qui tissent la fiction cousue de fil blanc dans laquelle il n’a bientôt plus conscience de se protéger douloureusement des changements d’états de la matière. Le mouvement même de la vie, ce mouvement qui toujours déchire les histoires lorsqu’il advient malgré tout.
Ce n’est pas en se jetant éperdument à la mère
que l’on peut tisser de nouveaux fils de vie.
Parole
Le comble, c’est qu’en cherchant obstinément à échapper à l’Autre de la mère, il peut arriver qu’on se prive aussi de l’Autre du symbolique.
Ce qui est normal, c’est …
Parole
L’amour est un lieu d’adresse inédit. La rencontre, un risque.
Parole
C’est que le désir sexuel est bien loin de l’instinct, et que surtout, l’amour concerne le rapport du sujet à l’Autre comme lieu d’adresse, avant d’y inclure l’autre […]. C’est que l’amour est toujours un appel à un nouveau lieu d’adresse. […]
L’amour est toujours la possibilité […] de trouver un nouveau lieu d’adresse. Un lieu qui est inédit pour le sujet. On peut être dans quelque chose d’inédit, même si c’est rituel. On peut pas simplement expliquer le rituel en disant « c’est une habitude sociale ». Parce que quand le sujet s’oriente, ou prend pied pour la première fois de sa vie dans un rituel, je vous assure qu’il les a à zéro ! Il n’a pas le sentiment de répéter les habitudes [ancestrales]. Le fait de s’avancer dans un rituel, c’est quelque chose qui vous met dans une situation complètement inédite.
Ce qui est intéressant quand on porte tout notre poids de présence, quand on veut faire une rencontre, ce qui est intéressant, ce n’est pas de considérer l’autre comme un témoin des habitudes de son clan, de son groupe, de sa culture, de sa religion, que sais-je encore, mais d’entendre comment l’autre [le sujet ?], dans la grammaire préétablie de l’ancestralité, tente ce qui est pour lui, le risque d’être dans l’inédit.
Olivier Douville, lors de la journée thématique « L’Amour », à la La Ralentie, 18 mars 2012
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